Je vous parle d’un temps…

La réprimande

 

Aujourd’hui, frapper un enfant pour le réprimander, ça ne se fait plus. Ce ne fut pas toujours ainsi.

 

 Louis Fréchette (1839-1908) :

Dans ses Mémoires intimes, le poète Louis Fréchette (1839-1908) écrivait que l’on ne devrait pas s’étonner « du rôle prépondérant que jouait le martinet dans nos écoles. La valeur de l’instructeur était jaugée d’après les proportions de son martinet et la vigueur des muscles appelés à faire fonctionner l’instrument de supplice » (BQ, p. 137) ! Ouf ! Fréchette qui a fréquenté la petite école aux alentours de 1850 rapportait aussi que certains parents ne se considéraient pas à la hauteur de leur tâche, car ils ne frappaient pas leurs enfants assez souvent… C’était la façon de faire : il fallait dompter plutôt qu’instruire. Et tout était acceptable pour frapper : la « strap », la règle, la main, mais aussi, toujours selon Fréchette, « la trique, le fouet, le hart et souvent même le rotin ». 

 

                                                                                                      La strappe ou le martinet :

Le châtiment corporel n’était pas que le lot des non-instruits. En 1865, l’abbé Jean Langevin, directeur de l’École normale Laval à Québec, disait : « Il s’agit ici d’une véritable punition corporelle (…), et c’est la Sagesse divine qui en fait une obligation aux parents et à tous ceux qui élèvent des enfants » (voir Marie-Aimée Cliche, Qui bene amat, bene castigat, Qui aime bien, châtie bien). En 1917, le Comité catholique du Département de l’Instruction publique règlemente l’usage du martinet, recommandant même de frapper dans la main, pas sur la main, pour éviter les fractures aux doigts. 

 

Puis il y eut l’histoire de la petite Aurore et les mentalités se sont mises à changer, mais lentement, très lentement : ce n’est que dans les années 70 que cette façon de faire a été formellement abandonnée.

 

C’est ainsi que cela se passait autrefois, autant à la ville qu’à la campagne.