Je vous parle d'un temps...

L'enseignement primaire

                                                                             La revue l'Enseignement Primaire, septembre 1911

Cette revue d’enseignement est adressée gratuitement par le gouvernement à toutes les écoles sous contrôle : un exemplaire par école. Déjà, j’ai attiré votre attention sur le devoir qui incombe aux commissaires scolaires de faire relier avec soin, chaque année, cette utile revue. Les écoles qui, depuis 1898, ont conservé la collection de L’Enseignement Primaire, possèdent une série de treize volumes de 640 pages. C’est déjà une bibliothèque professionnelle importante où les institutrices et les instituteurs peuvent puiser des connaissances pédagogiques variées et des matériaux nécessaires à la préparation quotidienne des classes.

 

Ces mots sont ceux de Pierre Boucher de la Bruère, Surintendant de l’instruction publique de 1895 à 1916 (L’Enseignement Primaire, septembre 1911, page 15). Comme le signale le Surintendant, la revue doit être reliée – la loi en fait une obligation aux commissions scolaires – et ce depuis une douzaine d’années; mais la revue, elle, existe depuis 33 ans déjà.

 

L'inspecteur général Charles-Joseph 

                     Magnan :

Le propriétaire de la revue c’est Charles-Joseph Magnan (1865-1942) qui après avoir été professeur à l’École Normale Laval de Québec pendant vingt ans accède, en 1911, au poste nouvellement créé d’ « Inspecteur général », une sorte de patron pour les inspecteurs d’écoles de l’époque (39 catholiques et 11 protestants). Magnan collabore à la revue depuis 1885; il en assume la rédaction totale à partir de 1890 et en devient propriétaire (pendant 40 ans) en 1897. L’année suivant son acquisition de la revue il convainc le gouvernement d’y abonner toutes les écoles de la province de Québec : c’est 5 000 abonnements d’assurés… La revue sera publiée jusqu’au milieu des années 1950.

 

 

Que trouve-t-on dans L’Enseignement primaire? On y trouve tout ce qui touche les écoles primaires, autant d’un point de vue pédagogique qu’un d’un point de vue administratif. On y parle méthodologie et pédagogie, on y trouve des leçons types, des exercices de toutes sortes, des dictées, mais aussi des rappels, des éloges, des remontrances et des rapports de toutes natures, autant des comptes-rendus de congrès d’inspecteurs d’écoles que les résultats des examens du Bureau des examinateurs catholiques de la Province de Québec et des écoles normales (avec le nom, le lieu de résidence et le résultat des candidat(e)s, ce qui permet de découvrir le nom de celles et ceux qui ont échoué…). On y trouve aussi les rapports annuels du Surintendant de l’Instruction publique, ce qui nous permet de voir les bilans, les progrès, les reculs, les problèmes du système d’éducation de l’époque.

 

C’est ainsi que les choses se passaient autrefois, à la ville et à la campagne.